"Quatre choses ne reviennent jamais dans la vie:
la flèche lâchée,
la parole échappée,
la vie passée,
la chance manquée." Omer Halif
Le temps est une richesse naturelle
Nous n'avons pas intitulé ce texte "gestion du temps" pour cette simple raison: du temps, tout le monde en possède, même les bagnards. Avoir des priorités est le propre des gens qui se sont donnés un idéal dans la vie. Je qualifie ceux-là de gagneurs.
Le temps est plus qu'une vague notion de quelque chose qui passe et qu'on mesure à l'aide du soleil ou d'une horloge. (Même une horloge arrêtée, donne l'heure juste, 2 fois par jour). Le temps est une ressource, une dimension de notre univers qui mérite d'être exploitée dans la réalisation de motifs valables.
La relativité du temps
Mon beau-père, charmant vieillard de 77 ans, "philosophaillait" souvent sur la notion du temps. "Déjà l'automne, déjà Noël, déjà l'été, déjà les élections; ah ce que ça passe vite plus on prend de l'âge!" Bien sûr que ça passe vite. L'année qui venait de se terminer par exemple, c'est 1/77ième de sa vie, Le. 1,3 % de son existence. Alors que pour l'enfant de 7 ans, cette dernière année représente 14,3 % de son existence. C'est beaucoup plus long, bien que ce soit les mêmes 365 jours. C'est pourquoi les 2 mois de vacance d'école que cet enfant aura cet été lui paraîtront bien longs en comparaison des mêmes 2 mois d'été qui passent si vite pour nous les plus vieux.
Vieillesse, retenons les 3 premières lettres "V-I-E" et oublions le reste. L'âge n'a pas grande importance à moins que nous soyons vin ou fromage.
Un vieux professeur de l'École Nationale d'Administration Publique (ENAP) fut engagé pour donner une formation sur la planification efficace de son temps à une quinzaine de dirigeants de grosses compagnies nord-américaines.
Ce cours constituait l'un des 5 ateliers de leur journée de formation. Le vieux prof n'avait donc qu'une heure pour "faire passer sa matière ".
Debout, devant ce groupe d'élite (qui était prêt à noter tout ce que l'expert allait lui révélé), le vieux prof les regarda un par un, lentement, puis leur dit : "Nous allons faire une expérience".
De dessous la table qui le séparait de ses élèves, le vieux prof sortit un immense pot de verre de plus de 4 litres qu'il posa délicatement en face de lui. Ensuite, il sortit environ une douzaine de cailloux a peu près gros comme des balles de tennis et les plaça délicatement, un par un, dans le grand pot. Lorsque le pot fut rempli jusqu'au bord et qu'il fut impossible d'y ajouter un caillou de plus, il leva lentement les yeux vers ses élèves et leur demanda :
"Est-ce que ce pot est plein?".
Tous répondirent : "Oui".
Il attendit quelques secondes et ajouta : "Vraiment ?".
Alors, il se pencha de nouveau et prit sous la table un récipient rempli de gravier. Avec minutie, il versa ce gravier sur les gros cailloux puis brassa légèrement le pot. Les morceaux de gravier s'infiltrèrent entre les cailloux... jusqu'au fond du pot.
Le vieux prof leva à nouveau les yeux vers son auditoire et réitéra sa question :
"Est-ce que ce pot est plein?".
Cette fois, ses brillants élèves commençaient à comprendre son manège.
L'un d'eux répondît: "Probablement pas !".
"Bien !" répondît le vieux prof.
Il se pencha à nouveau et cette fois, prit un sac de sable, sous la table. Avec attention, il versa le sable dans le pot. Le sable remplit les espaces entre les gros cailloux et le gravier. Encore une fois, il redemanda : "Est-ce que ce pot est plein ?".
Cette fois, sans hésiter et en chœur, les brillants élèves répondirent :
"Non!".
"Bien!" répondît le vieux prof.
Et comme s'y attendaient ses prestigieux élèves, il prit le pichet d'eau qui était sur la table et remplit le pot jusqu'a ras bord.
Le vieux prof leva alors les yeux vers son groupe et demanda :
"Quelle grande vérité nous révèle cette expérience? "
Pas fou, le plus audacieux des élèves, se rappelant les affirmations du prof, répondît : "Cela démontre que même lorsque l'on croit que notre agenda est complètement rempli, si on le veut vraiment, on peut y ajouter plus de rendez-vous, plus de choses à faire ".
"Non" répondît le vieux prof. "Ce n'est pas cela. La grande vérité que nous apprend cette expérience est la suivante :
"Si on ne met pas les gros cailloux en premier dans le pot, on ne pourra jamais tous les faire entrer".
Il y eut un profond silence, chacun prenant conscience de l'évidence de ces propos.
Le vieux prof leur dit alors : "Quels sont les gros cailloux dans votre vie ?"
"Votre santé ?" "Votre famille ?" "Vos amis ?" "Réaliser vos rêves ?" "Faire ce que vous aimez ?" "Apprendre ?"
"Défendre une cause ?" "Vous relaxer ?" "Prendre le temps... ?" "Ou... tout autre chose ?"
"Ce qu'il faut retenir, c'est l'importance de mettre ses GROS CAILLOUX en premier dans sa vie, sinon on risque de ne pas réussir... sa vie. Si on donne priorité aux peccadilles (le gravier, le sable), on remplira sa vie de peccadilles et on n'aura plus suffisamment de temps précieux à consacrer aux éléments importants de sa vie.
Alors, n'oubliez pas de vous poser à vous-même la question : "Quels sont les GROS CAILLOUX dans ma vie?"
Ensuite, mettez-les en premier dans votre pot (vie)"
D'un geste amical de la main, le vieux professeur salua son auditoire et quitta lentement la salle. Auteur inconnu.
Aujourd'hui sera bientôt hier, et pour toujours. Hier, c'est un chèque sans provisions, demain c'est un billet provisoire alors qu'aujourd'hui, c'est du comptant exploitable maintenant. Georges Burns (94 ans en 1994) était tout excité lors d'un passage à la télé; il venait de signer un engagement pour son centième anniversaire de naissance en 2000. Quelle expectative, quel enthousiasme, quelle leçon!
Le temps est difficile pendant une récession, il est lent quand on attend, il est rapide quand viennent les paiements mensuels, il est long quand on souffre, il s'arrête quant on a très peur, il est court quand on a du plaisir, mais il est éternel quand on sait jouir du moment présent. "Ceux qui commencent dans la vie avec des buts à long terme et qui n'apprécient pas le moment présent ne trouvent que la solitude et le vide quand ils atteignent leur idéal." (Buscaglia). Ceux-là essaieront de se rappeler le bon vieux temps qu'ils n'auront jamais eu parce qu'ils auront couru toute leur vie après ce qu'ils n'ont pas encore. Il y a deux choses essentielles dans la vie: obtenir ce que l'on souhaite et la capacité d'en jouir. Seuls ceux qui ont des priorités y parviennent.
Le chemin qui s'appelle plus tard mène à un endroit qui s'appelle nulle part. Ne laissons pas nos "hier" consommer nos "aujourd'hui" et rappelons-nous que, entre cornichon et concombre, il n'y a qu'une journée.
Remettre à demain, "cossadonne"? Du temps pour se trouver des excuses mon ami. Le malheur est que l'on remet souvent une tâche importante à plus tard pour s'occuper d'une "urgence" sans importance. On ne devrait jamais cesser de s'interroger: "Quelles sont les choses les plus importantes et les plus profitables (priorités) auxquelles je puisse consacrer mon temps?" Le général Eisenhower, chef des armées alliées pendant la dernière guerre mondiale, tenta de s'organiser de manière à ce que seules les questions vraiment importantes et urgentes lui soient soumises. Mais il découvrit bientôt que les deux n'allaient pas souvent de pair. Les affaires vraiment importantes étaient rarement urgentes et celles vraiment urgentes n’étaient pas toujours importantes.
L'efficacité exige les meilleurs moyens pour accomplir un travail qui nous est assigné alors que la compétence concerne le meilleur emploi du temps. L'efficacité repose sur le fait de bien faire les choses alors que la productivité requiert de bien faire la bonne chose au bon moment avec les bonnes ressources.
Rappelons-nous le principe de Parkinson: "Le travail s'étire de façon à remplir le temps dont vous disposez pour le terminer".
"Tout ce que je vois c'est mon objectif, le reste se tasse sur mon chemin''. Napoléon
Ne pas avoir de plan de réussite équivaut à un infaillible plan d'échec. Celui qui n'est pas organisé dans la gestion de ses activités, dit oui quand il faudrait dire non; il laisse les autres et les circonstances l'organiser. Il ne travaille pas toujours sur les priorités que sa tâche lui incombe, il répond aux impératifs de ses pairs comme s'il avait tout le temps du monde, il traite tout comme si tout était important. La procrastination dévore sa productivité. Il ne délègue pas, il empile ou déplace une tonne de papiers. Ses énergies sont dissipées parce qu'il fait trop de choses en même temps. Il est un fardeau dans les échéanciers collectifs et il n'a aucune façon de mesurer ses progrès.
Les 3 pièges (les 3 P) de l'improductivité sont: absence de planification, le perfectionnisme et la procrastination.
J'ai retenu cette pensée de l'illustre conférencier Jim Rhön: "Nos plans sont comme des aimants, plus ils sont clairs et détaillés, plus ils vous attirent dans leur direction... Lorsque sur la route de la réussite on doit faire face aux adversités qui nous jettent dans le ravin, on a besoin de bons aimants pour nous sortir de là."
Il y a une différence entre viser l'excellence et chercher la perfection. La première est raisonnable, saine et correcte. La seconde est généralement inaccessible, névrotique, malsaine et on y perd son temps. "Ce que tu fais bien, laisse-le ainsi. Ce que tu ne fais pas, faudrait bien que tu t'y mettes. "
Voilà ce que me disait souvent mon premier patron qui n'exigeait jamais la perfection, mais plutôt l'efficacité. Des tests psychométriques (1995) ont démontré que dans une même profession les perfectionnistes gagnaient $10 000 de moins par année.
Quant à la procrastination, rappelons-nous cette pensée du philosophe Goethe: "Ce que vous pouvez faire ou rêvez pouvoir faire, commencez-le! Faites-le hardiment! L'audace comporte du génie, de la force et de la magie."
La plus petite action vaut mieux que la plus grande intention. L'habitude de travailler son plan et de planifier son travail, voilà le propre des gagneurs. L'habitude est un câble, nous y ajoutons une ficelle à chaque fois que l'on fait quelque chose jusqu'à ce que finalement on ne puisse plus le rompre. Les chaînes de l'habitude sont généralement trop fines pour être décelées et ce jusqu'au moment où elles deviennent trop fortes pour être brisées.
Une bonne habitude à développer pour mieux exploiter son temps : faire la différence entre un but, un objectif et un rêve.
Un but est une chose qui doit être faite à court terme; aujourd'hui ou cette fin de semaine par exemple.
Un objectif en est une autre qui doit être accomplie à moyen terme; cette année par exemple.
Alors qu'un rêve se situe à long terme, une chose que l'on tient à réaliser d'ici 5 ans par exemple.
Pour une équipe de baseball, son but est de gagner les deux matchs contre New York cette fin de semaine. Son objectif est d'arriver les premiers de leur division cette année, alors que leur rêve serait de remporter la série mondiale d'ici cinq ans.
Cette habitude nous permet de se demander tous les soirs avant de s'endormir: Ai-je accompli aujourd'hui quelque chose (but) qui me rapproche de mon idéal de vie (rêve), les objectifs annuels étaient des points de repère. L'obèse qui cherche la minceur s'exprimerait ainsi: mon but est de manger 1200 calories aujourd'hui, mon objectif est de descendre mon poids à 180 livres cette année, alors que mon rêve serait de ma balader sur la plage sans me faire remarquer ou provoquer les sarcasmes.
Un but sensé est faisable, un objectif sensé est mesurable. Pour être source de motivation, ces éléments (buts, objectifs, rêves) doivent être exigeants sans être décourageants. Ils doivent être écrits et affichés bien à la vue.
"La seule façon d'échapper au piège que constitue une activité sans importance est d'avoir sous les yeux un objectif très spécifique. " Robert Schuller
Le succès est une échelle dans laquelle on ne peut pas monter les mains dans les poches. Perdre son temps, c'est investir cette précieuse ressource dans des banalités alors que l'on pourrait le placer dans des activités qui nous rapprocheraient de la réalisation de notre rêve.
Sans motif, la gestion de notre temps n'a pas de sens.
Rappelez-vous "Alice au pays des merveilles" qui demandait sa
route au chat de Cheshire:
- Pourriez-vous, je vous prie, me dire quel chemin je dois prendre pour m'en
aller d'ici?
- Cela dépend en grande partie du lieu où vous voulez vous rendre, répondit
le chat.
- Je ne me soucie pas trop du lieu.... répliqua Alice.
- En ce cas, peu importe quel chemin vous prendrez, déclara le chat.
Le rêve est à la vie, ce que l'essence est au moteur. Si tu ne vas nulle part dans la vie, n'importe quel chemin peut t'y mener. Si on n'a pas pour soi une sorte de direction, un plan, une vision de notre avenir, à quoi bon gérer son temps. 95 % des gens s'en vont à 95 milles à l'heure nulle part.
La lettre qui suit a été écrite par un homme de 82 ans qui se penche, plein de regrets, sur son passé:
"S'il m'était possible de revivre ma vie, je la vivrais d'une façon différente de celle dont je l'ai vécue, je me permettrais de commettre plus d'erreurs que je n'en ai commises, je prendrais le temps de me détendre, de m'amuser, de sortir mon fou, je ne ferais pas tant d'histoires au sujet de la propreté et considérerais que bien peu de choses valent la peine d'être prises au sérieux, je n'aurais pas peur de prendre des risques. Je ferais des voyages, escaladerais des montagnes, traverserais des rivières à la nage, je contemplerais des couchers de soleil, je me confronterais à des difficultés réelles plutôt qu'à des difficultés imaginaires, je mangerais plus de crème glacée et moins de fèves au lard, je ne compterais plus au nombre de ces personnes qui vivent une vie rangée et monotone.
Oh bien sûr, j'ai connu des moments agréables dans ma vie, mais si c'était à refaire, je ferais en sorte que tous les moments de ma vie soient agréables, je ne vivrais plus dans la crainte constante de l'avenir et ne transporterais plus partout avec moi thermomètre, bouillotte, imperméable, désinfectant et parachute. Mon bagage serait plus léger qu'il ne l'a jamais été. Tôt au printemps et jusqu'à tard à l'automne, je marcherais pieds nus, je cueillerais des fleurs, serrerais la main des gens et danserais dans les rues. S'il m'était donné de revivre ma vie... mais voilà, il n'en va pas ainsi!"
"Décédé à 25 ans, enterré à 75", disait Waldo Emerson.
Une multitude de gens talentueux ont gaspillé leur vie par manque de courage. Leur timidité les a empêchés de faire un premier saut dans l'arène de la gloire. Ils sont restés là derrière en tremblant, ils ont refusé de sauter dans la mêlée et de se débattre. Ils ont attendu hésitants. Ils ont consulté leurs voisins et leurs amis, ils ont mis tellement de temps à consulter tout le monde qu'ils se sont réveillés à 60 ou 70 ans avec peu ou pas de temps pour accomplir quoi que ce soit.
Harland Sanders s'est réveillé juste à temps. Alors que le facteur lui apportait son premier chèque de sécurité de vieillesse, à 65 ans, il s'est senti vieux pour la première fois. Il devint si furieux qu'il amorça un nouveau commerce avec les 105 $. On connaît mieux son entreprise sous le nom de Poulet Frit Kentucky.
Thomas Edison affirme que l'analyse des idées et des pensées, qui apparaissaient dans son esprit, lui confirmaient que le fait même d'avoir une idée est la preuve que la même source qui la lui donne lui montre le moyen de la réaliser.
Il ne nous est pas donné d'idée sans que l'on ait la capacité de la concrétiser. Les ingrédients magiques sont le courage de commencer, le courage de s'investir et le courage de persévérer.
Simon Blouin